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« CHINA ACTION 2. »

MERCREDI 14 DÉCEMBRE 2005

Une sélection de vidéos et de performances récentes d’artistes chinois.

Swirl

Ma YONGFENG

2002

Le 3 mai 2003 a eu lieu à Guangzhou un festival de performances regroupant un grand nombre des artistes le plus en vue en Chine. Ma Yongfeng, dans cette très brève pièce, se laisse nettoyer. Dans Two Skating Girls, deux patineuses sont filmées du haut des tribunes de la patinoire, la caméra les suivant d’un œil de voyeur myope sujet à des problèmes de stéréoscopie. Une première fille danse avec son double, puis une deuxième, imitant leurs aînées et s’entraînant pour le grand jour. Toute l’ambiguïté du regardeur est mise en avant lorsque nous notons qu’elles ne sont pas les deux seules « Two Girls » de la patinoire. Un coup d’œil à deux autres, floues, objets de désir, dément l’idée que nous regardons simplement la transcription d’une poésie du geste et de l’innocence. Cette vidéo présente un des thèmes les plus caractéristiques de l’art chinois d’aujourd’hui, celui de la duplicité du simple.

The Totem on the Water Surface

Xing GANG

2003

New Calligraphy

Huang YAN

2003

Jingde Town

Huang YAN

2003

Huang Yan revient souvent, aussi bien dans ses travaux de peinture qu’en vidéo, sur l’ensemble des traditions de l’art chinois en questionnant, parfois avec humour, parfois avec violence, le rôle de ces traditions aujourd’hui. Son intention d’explorer les liens entre la société contemporaine et des formes et comportements traditionnels, qui demeurent très forts en Chine, se manifeste au travers des travaux qui traitent de la calligraphie, du paysage, de la peinture et de la symbolique des fleurs, ou bien des exercices physiques des personnes âgées. Le corps, ou des morceaux de corps (comme des os), jouent un rôle de support pour la peinture dans de nombreuses pièces, ce qui permet à Huang Yan d’assumer et critiquer à la fois le rôle traditionnel de la peinture de paysage en Chine : exprimer les émotions et la personnalité du peintre. Dans Cutting Flowers, le jeune Huang Yan coupe les fleurs de leurs tiges, mais le geste constitue une forme de rupture pour les générations précédentes, pour lesquelles les fleurs représentaient la jeunesse et l’espoir de la société, souvent utilisées comme métaphore par Mao Zedong pendant la Révolution culturelle. Dans New Calligraphy, n’est pas lisible, seulement le geste, mais la beauté de ce geste, très important pour le calligraphe expert, se perd dans la frénésie du mouvement.

Brain

Zhang YANXIANG

2003

Hurt

Chau Yeuk CHIU

2003

Memory of Life with Ava

Cai QING

2000

Cai Qing fait partie des artistes chinois exilés désormais, puisqu’il habite actuellement à New York ; cette vidéo, en revanche, date de l’époque où il vivait toujours en Chine. Nous suivons Cai Qing dans une rencontre avec le peuple « Ava », un des peuples « minorités » de la Chine. Le tourisme (des Chinois) est un important aspect de leur économie et des groupes de danseurs et chanteurs traditionnels font des spectacles pour ces touristes. Cai Qing, filmé par le sculpteur Sui Jianguo, laisse ses habits de citadin pour rejoindre (à l’âge de trente-huit ans) ce groupe de jeunes danseurs adolescents. Accepté par le groupe, Cai Qing les rejoint sur scène et dans les rites avec un enthousiasme étonnant.

Floating Memory

Liu WEI

2003

Sans titre

Wu ERSHAN

2003

Né en 1972 en Mongolie Intérieure Chine, Wu Ershan, comme beaucoup d’artistes chinois, a une activité extrêmement diverse, des installations aux films de fiction, tel Soap Opera, 2004. Le trompe-l’œil et le trucage figurent souvent dans ses pièces d’installation, parfois en fonction du passage du temps, comme dans Look Around, parfois par la mise en scène comme dans Sans titre et Argument with memory ; alors que ses films narratifs, comme Soap Opera, utilisent une mise en scène très plate, où le spectaculaire de l’image est effacé au profit du déroulement d’histoires simples et d’un jeu d’acteurs peu expressif. Cette variété de langages et de pratiques est déroutante au premier abord pour nous, occidentaux. Pour Zhao Shulin, curator et critique d’art, c’est sur ce point que les artistes chinois différent de leurs homologues à l’Ouest : « L’art chinois s’occidentalise, mais seulement dans ses apparences, il maintient son propre caractère et ses traditions culturelles. Même s’ils regardent avec intérêt l’histoire de l’art occidental, les artistes transforment son langage en un mélange original d’éléments asiatiques et occidentaux, développant ainsi un style et un propos totalement original. ». Si cela est le cas, nos genres et styles ne sont que des matières à travailler pour des artistes comme Wu Ershan, et non pas des traditions suivies.

AH_Q

Feng MENGBO

2004