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« CHINA ARTS »

LUNDI 21 MARS 2005

Cinémas Studio
2, rue des Ursulines, 37 000 TOURS

Une sélection de vidéos qui rend compte de la vitalité et de la diversité de la scène artistique chinoise. Une contribution au 6e Festival de cinéma asiatique de Tours.

Two Skating Girls

Ma YONGFENG

2004 | 10'

Deux patineuses sont filmées du haut des tribunes de la patinoire, la caméra les suivant d’un œil de voyeur myope sujet à des problèmes de stéréoscopie. Une première fille danse avec son double, puis une deuxième, imitant leurs aînées et s’entraînant pour le grand jour. Toute l’ambiguïté du regardeur / voyeur est mise en avant lorsque nous notons qu’elles ne sont pas les deux seules « Two Girls » de la patinoire. Un coup d’œil à deux autres, floues, objets de désir, dément l’idée que nous regardons simplement la transcription d’une poésie du geste et de l’innocence. Ma Yongfeng introduit cette séance avec une vidéo qui présente un des thèmes les plus caractéristiques de l’art chinois d’aujourd’hui, celui de la duplicité du simple.

Argument with Memory

Wu ERSHAN

2004 | 15'

L’archéologie est-elle liée à la mémoire ? Wu Ershan fouille parmi des corps presque fossilisés (bien que mobiles), partiellement momifiés, et des os bien plus fixes, et révèle une armée de terre cuite vivante, les racines littérales d’une beauté formelle basée sur l’exploitation humaine et l’inversion du monde physique.

Fly

Wang Gong XIN

2000 | 4'

La plupart des vidéos de Wang Gong Xin sont présentées en installation et requiert du spectateur une compréhension à la fois de l’(H)histoire et de la nature spécifique de la culture chinoise. Fly est peut-être atypique dans le sens où sa simplicité peut être considérée comme un jeu léger alors que la chute nous donne à réfléchir sur nos a priori de ce qui est spécifiquement chinois.

Catching Sunlight

Wang Gong XIN

2004 | 10'

Attraper les rayons du soleil ou attraper la lune, le sport favori des utopistes du monde entier. Dans cette vidéo, Wang Gong Xin nous offre l’occasion de voir comment ceci se faisait dans le passé, démonstration par quelques anciens experts à l’appui.

Floating Memory

Liu WEI

2001 | 10'

Une grande partie des œuvres de Liu Wei concerne la nature des changements à l’intérieur de la société chinoise, ce que l’on oublie du passé, ignore ou qui reste non-dit dans le présent. L’implication de beaucoup de jeunes artistes et étudiants lors des événements de la place Tian An Men était une suite naturelle de leur démarche artistique. Dans Floating Memory, Liu Wei compare l’acte de se promener et de prendre des photographies sur l’immense place aujourd’hui avec la même activité en 1989, lorsque ses camarades occupaient la totalité de la place avec le Mouvement pour la Démocratie. Les images qu’il a prises en 1989 nous montrent les visages et les bannières de ceux qui disparurent lorsque l’armée reçut l’ordre d’avancer. Les visages de ceux dont les noms, aujourd’hui encore, ne peuvent être mentionnés.

SARS

Liu WEI

2003 | 4'

Artiste pratiquant la photographie et la vidéo, aussi bien en monobande qu’en installation, Liu Wei (né en 1965) mène, depuis quelques années, un travail documentaire qui interroge l’oubli et la médiatisation infailliblement optimiste de l’évolution de la société chinoise. Les événements de 1989 sur la Place Tian’anmen font l’objet de Floating Memory qui revient sur les souvenirs du mouvement pour la démocratie au travers des photographies prises sur les lieux, avant que la répression ne soit lancée, et des séquences vidéo filmées en 2001 sur les mêmes lieux, où, plutôt que des étudiants manifestants, il croise des touristes flânant. Ce moment de catharsis pour Liu Wei et sa génération est écarté au profit d’une place refaite à neuf pour répondre à et encadrer une génération de consommateurs qui acceptent leur lot politique comme prix de la prospérité. Dans plusieurs films Liu Wei étudie les personnes et couches de la société chinoise qui ne font jamais l’objet de la médiatisation en Chine. Dans Underneath, nous voyons des populations réduites à glaner et à récupérer, incapables de trouver un accès vers la prospérité dans une ville toujours en croissance exponentielle. Ces gens dépendent des déchets des citadins, sans pouvoir accéder aux besoins fondamentaux. Le contraste est saisissant entre la richesse visible à Pékin, qui se manifeste par les marques et logos occidentaux et chinois, le tout en plastique brillant, et la pauvreté de ceux qui tamisent à la main les déchetteries de Pékin dans l’espoir de trouver assez de morceaux d’on ne sait quoi à récupérer. A propos de SARS « La radiographie de la vidéo m’a été prise à l’hôpital entre le 17 et le 20 avril 2003. Les autres images proviennent des émissions de la CCTV ». Dans une société dans laquelle les foules dansent en masse, marchent en masse, et où tout faire en masse est de rigueur, une épidémie comme le SRAS se répand nettement plus vite.

Cutting Flower

Huang YUAN

2003 | 4'

Cette vidéo, réalisée avant que la révolution digitale ne porte vraiment ses fruits, nous donne l’opportunité de voir une œuvre d’une période où l’ambiguïté entre poésie et contestation se devait d’être maintenue, la simple action de tailler un chrysanthème.

AH_Q

Feng MENGBO

2004 | 4'

Dans l’œuvre vidéo interactive de Feng Mengbo, invitation est faite au spectateur de devenir participant. Utilisant des jeux vidéo tels que « Quake III » comme tremplin de l’œuvre, le spectateur peut attraper une arme virtuelle et commencer à tirer. Jusqu’ici nous savons où nous sommes. Feng Mengbo a changé les fonctions du clavier, les remplaçant par un « clavier dansant » qui contrôle le jeu à partir des pieds du joueur. Il s’est aussi inséré dans l’écran, brandissant une caméra d’une main et une arme à plasma dans l’autre. La réalité virtuelle de la scène lui permet de donner une performance virtuelle, constamment présent en tant que joueur, réalisateur et acteur à la fois de la vidéo et du jeu en ligne.

Post Pause

Jiang ZHI

2004 | 4'

« A Shenzhen, la ville qui évolue rapidement et où je vis, il y a sans doute la plus forte proportion de rêveurs de tout le pays. » Jiang Zhi Ici, où il y a un échangeur d’autoroute qui mène aux rêves de chacun, des milliers se sont alignés, attendant leur tour, attendant le tapis roulant qui les transportera vers le paradis de leurs rêves. Dans le paradis de leurs rêves, les maisons et les voitures abondent et ils sont entourés de toutes les descriptions de belles choses qui sont bonnes à sentir, à toucher et à regarder. Dans la Chine contemporaine, le succès est synonyme de paradis pour les gens. Une bonne participation à la séance, avec 50 entrées. Un public nouveau pour nous, celui du Festival du cinéma asiatique, curieux de découvrir l’art contemporain chinois.