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NEW CHINA ACTION

MARDI 30 MAI 2006 — 14 H 30 — ENTRÉE LIBRE

École Nationale sSupérieure des Beaux-Arts de Paris
14, rue Bonaparte, 75 006 PARIS

Grow Up

Liu JIN

2003 | 6'

Né en 1971 à Jiangsu, où il a fait ses études. Les travaux vidéographiques et photographiques de Liu Jin portent souvent sur la documentation des performances, comme celle-ci. Dans Grow up Liu Jin se met debout sur une table de classe, nu, sauf une culotte, et se fait lancer dessus des pages arrachées de livres et trempées dans de l’encre, sans montrer aucune réaction. Dans d’autres travaux, il s’intéresse à la mise en scène spécifique de l’histoire, notamment par le biais d’images de reportages de célèbres événements. Ces moments clefs de l’histoire récente sont ainsi rejoués dans le paysage urbain du Pékin d’aujourd’hui par Liu Jin et ses collaborateurs. Chaque scène est à la fois un rappel de l’horreur de ces moments et la banalité de sa forme actuelle, sans que l’original ne soit cité par l’artiste, la reconnaissance de l’image dépendant de nos souvenirs visuels. Par exemple dans la reconstitution de la photo par Eddie Adams du Général Nguyen Ngoc Loan exécutant Nguyen Van Lem dans Wang Fujing, nous avons comme indication le nom de la grande rue commerçante du centre-ville de Pékin où la photo est prise, mais aucune autre référence. Cette banalisation de la violence et son image, ainsi que le jeu, reviennent dans Grow Up, dans lequel nous sommes confrontés à une scène de la Révolution culturelle, rejouée avec plaisir et rires par ceux de la génération qui n’a connu que la relecture de cette période bouleversante. Liu Jin s’interroge sur la réalité de la violence et sa reconstitution comme une forme de jeu. Voyons-nous une reconstitution ou une mise en scène tirée de l’imaginaire de l’artiste ? Pour ce qui concerne SARS Liu Jin nous annonce : « La radiographie de la vidéo m’a été prise à l’hôpital entre le 17 et le 20 avril 2003. Les autres images proviennent des émissions de la CCTV ».

Underneath

Liu WEI

2001 | 12'

SARS

Liu WEI

2003 | Beijing | 4'

Artiste pratiquant la photographie et la vidéo, aussi bien en monobande qu’en installation, Liu Wei (né en 1965) mène, depuis quelques années, un travail documentaire qui interroge l’oubli et la médiatisation infailliblement optimiste de l’évolution de la société chinoise. Les événements de 1989 sur la Place Tian’anmen font l’objet de Floating Memory qui revient sur les souvenirs du mouvement pour la démocratie au travers des photographies prises sur les lieux, avant que la répression ne soit lancée, et des séquences vidéo filmées en 2001 sur les mêmes lieux, où, plutôt que des étudiants manifestants, il croise des touristes flânant. Ce moment de catharsis pour Liu Wei et sa génération est écarté au profit d’une place refaite à neuf pour répondre à et encadrer une génération de consommateurs qui acceptent leur lot politique comme prix de la prospérité. Dans plusieurs films Liu Wei étudie les personnes et couches de la société chinoise qui ne font jamais l’objet de la médiatisation en Chine. Dans Underneath, nous voyons des populations réduites à glaner et à récupérer, incapables de trouver un accès vers la prospérité dans une ville toujours en croissance exponentielle. Ces gens dépendent des déchets des citadins, sans pouvoir accéder aux besoins fondamentaux. Le contraste est saisissant entre la richesse visible à Pékin, qui se manifeste par les marques et logos occidentaux et chinois, le tout en plastique brillant, et la pauvreté de ceux qui tamisent à la main les déchetteries de Pékin dans l’espoir de trouver assez de morceaux d’on ne sait quoi à récupérer. A propos de SARS « La radiographie de la vidéo m’a été prise à l’hôpital entre le 17 et le 20 avril 2003. Les autres images proviennent des émissions de la CCTV ».

Sans titre

Wu ERSHAN

2003 | 3'

Argument with Memory

Wu ERSHAN

2004 | 15'

Né en 1972 en Mongolie Intérieure Chine, Wu Ershan, comme beaucoup d’artistes chinois, a une activité extrêmement diverse, des installations aux films de fiction, tel Soap Opera, 2004. Le trompe-l’œil et le trucage figurent souvent dans ses pièces d’installation, parfois en fonction du passage du temps, comme dans Look Around, parfois par la mise en scène comme dans Sans titre et Argument with memory ; alors que ses films narratifs, comme Soap Opera, utilisent une mise en scène très plate, où le spectaculaire de l’image est effacé au profit du déroulement d’histoires simples et d’un jeu d’acteurs peu expressif. Cette variété de langages et de pratiques est déroutante au premier abord pour nous, occidentaux. Pour Zhao Shulin, curator et critique d’art, c’est sur ce point que les artistes chinois différent de leurs homologues à l’Ouest : « L’art chinois s’occidentalise, mais seulement dans ses apparences, il maintient son propre caractère et ses traditions culturelles. Même s’ils regardent avec intérêt l’histoire de l’art occidental, les artistes transforment son langage en un mélange original d’éléments asiatiques et occidentaux, développant ainsi un style et un propos totalement original. ». Si cela est le cas, nos genres et styles ne sont que des matières à travailler pour des artistes comme Wu Ershan, et non pas des traditions suivies.

New Calligraphy

Huang YAN

2003 | 3'30

Jingde Town

Huang YAN

2003 | 7'

Huang Yan revient souvent, aussi bien dans ses travaux de peinture qu’en vidéo, sur l’ensemble des traditions de l’art chinois en questionnant, parfois avec humour, parfois avec violence, le rôle de ces traditions aujourd’hui. Son intention d’explorer les liens entre la société contemporaine et des formes et comportements traditionnels, qui demeurent très forts en Chine, se manifeste au travers des travaux qui traitent de la calligraphie, du paysage, de la peinture et de la symbolique des fleurs, ou bien des exercices physiques des personnes âgées. Le corps, ou des morceaux de corps (comme des os), jouent un rôle de support pour la peinture dans de nombreuses pièces, ce qui permet à Huang Yan d’assumer et critiquer à la fois le rôle traditionnel de la peinture de paysage en Chine : exprimer les émotions et la personnalité du peintre. Dans Cutting Flowers, le jeune Huang Yan coupe les fleurs de leurs tiges, mais le geste constitue une forme de rupture pour les générations précédentes, pour lesquelles les fleurs représentaient la jeunesse et l’espoir de la société, souvent utilisées comme métaphore par Mao Zedong pendant la Révolution culturelle. Dans New Calligraphy, n’est pas lisible, seulement le geste, mais la beauté de ce geste, très important pour le calligraphe expert, se perd dans la frénésie du mouvement.

Memory of Life with Ava

Cai QING

2000 | 10'

Cai Qing fait partie des artistes chinois exilés désormais, puisqu’il habite actuellement à New York ; cette vidéo, en revanche, date de l’époque où il vivait toujours en Chine. Nous suivons Cai Qing dans une rencontre avec le peuple « Ava », un des peuples « minorités » de la Chine. Le tourisme (des Chinois) est un important aspect de leur économie et des groupes de danseurs et chanteurs traditionnels font des spectacles pour ces touristes. Cai Qing, filmé par le sculpteur Sui Jianguo, laisse ses habits de citadin pour rejoindre (à l’âge de trente-huit ans) ce groupe de jeunes danseurs adolescents. Accepté par le groupe, Cai Qing les rejoint sur scène et dans les rites avec un enthousiasme étonnant.

Cleaning

Ma YONFENG

2003 | 1'

Two Skating Girls

Ma YONFENG

2004 | 10'

Le 3 mai 2003 a eu lieu à Guangzhou un festival de performances regroupant un grand nombre des artistes le plus en vue en Chine. Ma Yongfeng, dans cette très brève pièce, se laisse nettoyer. Dans Two Skating Girls, deux patineuses sont filmées du haut des tribunes de la patinoire, la caméra les suivant d’un œil de voyeur myope sujet à des problèmes de stéréoscopie. Une première fille danse avec son double, puis une deuxième, imitant leurs aînées et s’entraînant pour le grand jour. Toute l’ambiguïté du regardeur est mise en avant lorsque nous notons qu’elles ne sont pas les deux seules « Two Girls » de la patinoire. Un coup d’œil à deux autres, floues, objets de désir, dément l’idée que nous regardons simplement la transcription d’une poésie du geste et de l’innocence. Cette vidéo présente un des thèmes les plus caractéristiques de l’art chinois d’aujourd’hui, celui de la duplicité du simple.

Always Welcome

Wang GONGXIN

2003 | 2'

Catching Sunlight

Wang GONGXIN

2004 | 10'

Né à Pékin en 1960. Les œuvres de Wang Gonxin ont été montrées partout dans le monde. Les deux pièces ici sont conçues pour être diffusées sur un écran ou intégrées dans une installation. Catching Sunlight s’attarde sur la possibilité d’attraper les rayons du soleil ou attraper la lune, le sport favori des utopistes du monde entier. Dans cette vidéo, Wang Gonxin nous offre l’opportunité de voir comment ceci se faisait dans le passé, démonstration par quelques anciens experts à l’appui.