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EXPOSITION : DOWNSBROUGH, SNOW, IIMURA

DU VENDREDI 19 AU DIMANCHE 28 OCTOBRE — DE 15 H À 19 H — ENTRÉE LIBRE

École supérieure des beaux-arts de Tours
Jardin François 1er37 000 TOURS

Vernissage :
Samedi 20 octobre, en présence de Peter Downsbrough et Takahiko Iimura

5 films

Peter DOWNSBROUGH

Projetés en permanence en journée, puis en décalage le soir, ces cinq films seront visibles de l’intérieur de la salle d’exposition de l’école pendant les heures d’ouverture et depuis l’extérieur dès la tombée de la nuit. Peter Downsbrough a commencé sa carrière comme sculpteur, après des études d’architecture, avec un penchant pour des travaux qui interrogeaient les notions d’emplacement, de perception et de volume. Depuis, son travail s’est élargi dans les domaines de la vidéo, du cinéma, de la photographie, des pièces sonores, toujours avec une interrogation des lieux, des institutions et de leurs façons de s’exprimer. Son travail se sert uniquement des éléments qui sont strictement nécessaires à la réalisation, des lignes et des surfaces planes, l’espace négatif (la découpe) et la délimitation. Ces préoccupations de sculpture et d’architecture sont tout aussi appropriées aux films, mais ici associées au mouvement. Texte et parole désincarnés font souvent partie de la construction des œuvres, bien qu’utilisés avec parcimonie, destinés à être reconstitués par le spectateur afin d’ébaucher des discours politiques, économiques et sociaux qui sont évoqués par les séquences et leurs formes.

Set [ing]

Peter DOWNSBROUGH

Belgique | 2003 | 5'

Dans Set [ing] la caméra est située dans une salle de réunion vide d’un building du quartier des affaires de La Défense. L’emploi de mouvements de caméra fluides permet à Peter Downsbrough d’explorer les relations formelles des différents éléments à l’intérieur (et l’extérieur depuis l’intérieur), tout en s’interrogeant sur l’utilisation du décor et du style dans l’exercice de pouvoir.

Untitled 5.03

Peter DOWNSBROUGH

Belgique | 2003 | 14'

La caméra explore les docks, silos et entrepôts, de Werf-en-Vlasnatie au port d’Anvers avec des travellings étendus tournés depuis une voiture. La dimension industrielle des lieux s’efface au profit d’une forme de labyrinthe poétique de cet ensemble qui s’ouvre et qui se ferme avec des éléments presque uniformes, qui différencient les éléments déviants, telles une grosse pierre ou une planche en biais, presque sinistre, et certainement suspect.

Thru

Peter DOWNSBROUGH

Belgique | 2003 | 9'

Thru est une enquête sur deux lieux urbains, un extérieur et un intérieur, conçue pour l’espace de projection à Argos à Bruxelles. Le jeu entre le passage silencieux de l’intérieur, entrecoupé des scènes de la circulation à l’extérieur avec des mouvements de caméra, donne l’impression que ces espaces pourraient être contigus. Le titre, phonétiquement « through » en anglais, pourrait se référer au passage, ou à l’espace, ou, puisque ces mots arrivent à la fin. La vidéo invite le spectateur à réfléchir au sens des mots en fonction des structures et contextes dans lesquels ils apparaissent.

As] Then

Peter DOWNSBROUGH

Belgique | 2003 | 9'

Dans As ] Then des images photographiques alternent avec d’autres prises depuis une voiture qui roule autour de l’ancienne brasserie Wielemans-Ceuppens à Bruxelles. Ces images sont ensuite liées aux enregistrements effectués au Boulder Highway à Las Vegas.

Occupied

Peter DOWNSBROUGH

Belgique | 2000 | 18'


Dans Occupied, réalisé en 2000 pour Bruxelles 2000, la cité administrative de l’Union Européenne est examinée par le biais de prises symétriques et en miroir, en mouvement et statiques, qui prennent l’ampleur d’une interrogation sur le pouvoir par l’insertion de quelques phrases en anglais et en français, glissées dans la bande sonore. Peter Downsbrough : “I use film to introduce time within my observation. Its very unfolding makes film the ideal means to do this”.

Sshtoorrty

Michael SNOW

Le travail de Michael Snow, cinéaste, musicien, artiste protéiforme, fait de lui « le plus grand artiste canadien ». Sa façon d’aborder le cinéma, avec des jeux de langage et des analyses de perception, nous semble un point de départ pertinent pour notre proposition au festival Extensions. Au regard de ces œuvres récentes, celles que nous avons montrées en 2006 et 2007, nous présentons une rétrospective partielle en deux séances, avec quatre de ses films, ainsi qu’une installation, Sshtoorrty, une pièce qui prend en compte des aléas du langage, tel qu’il est traité dans l’image en mouvement. « Short story », ou histoire courte, comme nous pouvons le lire par interposition, mais nous aurions vraiment du mal à le prononcer, le titre est annonciateur de la structure du film. Une histoire simple d’un argument à propos d’un tableau se déroule dans le film, le montage de cette histoire a été ensuite découpé en deux et ces deux parties du film surimposées. Nous voyons, donc, le début au début, mais aussi le milieu, puis la fin à la fin, mais également le milieu, enfin, dans la durée, on comprend. Le tout est interprété par des acteurs parlant le Farsi, sous-titré en Anglais, nous pouvons lire ces textes, alors que l’histoire visuelle ne le nécessite pas ; en revanche, les histoires visuelles de la pièce demandent notre concentration. La composition des images, des paroles et des sons par couches successives devient de plus en plus riche à chaque visionnage.

Aiueonn Six Features

Takahiko IIMURA

Japon | 1982/1994

Takahiko Iimura est présent sur la scène internationale depuis plus de quarante ans, depuis ses débuts proche du mouvement Fluxus, notamment dans ses collaborations avec Yoko Ono, au travers des expériences sur la durée et le mouvement dans les années soixante-dix ainsi que sur le support vidéo et ses possibilités. Plus récemment, ses œuvres portent sur la déconstruction de la parole et ses différentes manifestations visuelles et sonores, souvent dans des pièces visibles sur Internet. Sa série de voyelles visuelles, Aiueonn Six Features, avec cinq vidéos, une version « pleine », et quatre autres versions écourtées, donne la possibilité d’être montées ensemble sans limite de durée et peut former un flux sans l’arrêt de la percussion d’une consonne ou être montrée en simultané, formant ainsi un ensemble de voix houleuses. Cette installation, traitant du langage de chaque support, en déclinaison de l’écrit vers la pellicule, la vidéo, le support virtuel, provoque à la fois une perdition et un renforcement des langages. Aiueonn Six Features sont les voyelles japonaises, imagées par un visage distendu. Les spectateurs choisissent une image de l’ordinateur et la voix se manifeste immédiatement dans le moniteur approprié. L’installation combine le comique et l’absurde, à partir de L’Écriture et la différence de Jacques Derrida, et joue du décalage de l’image, du mot et de la voix.

Takahiko Iimura présentera également ses films et vidéos au cinéma du Centre Georges Pompidou, le 17 et le 24 octobre.

“This exhibition was made possible in part from a grant of the Japan Foundation”