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« WHAT’S SO FUNNY »

MARDI 16 JANVIER 2007 — 20 H — ENTRÉE LIBRE

Salle Thélème — Université Francois Rabelais
3, rue des Tanneurs, 37 000 TOURS

The Black Tower

John SMITH

1987 | 16 mm | couleur | sonore | 24'

L’humour, parfois très noir, n’est jamais très loin dans les films de John Smith. Dans The Black Tower, la tour, toujours très noire, persiste, comme un motif et un outil d’analyse de l’espace et de la perception, et signale constamment le centre de l’image, du récit et des obsessions du narrateur. Une forme de « scopophobie » hante le narrateur, qui découvre pour la première fois la vraie nature de son environnement au travers des vues fixes. Chaque image fixe du monde est sujette à réflexion, comme s’il regardait un plan dans un film et se livrait à des considérations sur le sens de cette image. Le surcroît de réflexion l’amène à trouver d’abord absurde, ensuite effrayant, le monde que non seulement il analyse, mais dans lequel il vit. Les faits du film, néanmoins, lui donnent raison dans sa paranoïa. Même si les autres ne le voient pas, un meurtrier guette, nous sommes d’ailleurs dans le secret, nous savons que notre homme a raison, puisque nous voyons la même chose que lui. L’amour auquel il pourrait s’attendre est bafoué par le mal, comme dans tout film qui se vaut, et l’intrigue tient le spectateur autant par le langage cinématographique employé que par son énoncé verbal. Et, bien sûr, le film est très drôle.

Triage

Carl BROWN et Michael SNOW

2004 | 16 mm | couleur | sonore | 2 écrans | 30'

Le film Triage n’est pas le premier film sur lequel Carl Brown et Michael Snow ont travaillé ensemble ; rappelons To Lavoisier who died in the Reign of Terro, 1992, Brownsnow. Les différentes approches des deux artistes, structurelles, linguistiques et perceptives, dans le cas de Snow, matérielles, alchimiques (et perceptives, quand même) dans le cas de Brown, ont produit des films dans lesquels les griffes de chacun se sont trouvées accentuées, mises en relief. Dans Triage, nous sommes en face de deux films, produits par les deux artistes pour être montrés ensemble (deux projecteurs montrent les films simultanément), qui ne sont pas une collaboration dans une production commune, mais un projet déterminé par la durée de projection prévue, une sorte de corps exquis parallèle. « Le temps... la durée du temps mouvement filmique historique / chronologique, temporel dans sa structure... gravée dans son émulsion, l’avancée du tramway... ses roues tournent sur la grande roue pour recommencer un voyage qui a été répété mille fois... (...) molecularmovementgrainstackingrecticulationdriedcrystalbleachformationliquidemulision
solarizedsabbitieropticalprintingttoningsplittoningbleachinglongdrawnbleachingmutedduration
toningcrystalsync... » Brown et Snow.

Love Under Mercury

Steve HAWLEY

2000 | 16 mm | 32'

Le film Love Under Mercury traite de la science et du hasard, de la transformation et de la tragédie. Le film relate un moment déterminant dans l’histoire de l’image quand, lors de l’invention du Daguerréotype, Louis Daguerre renverse quelques gouttes de mercure d’un thermomètre cassé sur une plaque photographique iodée, produisant ainsi une image fixée. Les années des Daguerréotypes s’en suivent, mais ses praticiens n’en sortent pas indemnes. Ils manifestent les symptômes de l’empoisonnement au mercure : insomnie, irascibilité, et une sensibilité émotionnelle « enfantine », des symptômes de la mélancolie de l’amour. Comme le Chapelier fou de Lewis Carroll, ils ont été empoisonnés par la vapeur du mercure.