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DÉBUTS

26 NOVEMBRE 2008 — 19 H — ENTRÉE LIBRE

Salle de conférence — École supérieure des beaux-arts de Tours
Jardin François 1er, 37 000 TOURS

Préambule au cinématographe

Étienne-Jules MAREY

1995 | 16 mm | 13'

Ces animations des chronophotographies d’Étienne-Jules Marey sont une commande pour le centenaire de l’invention du cinéma et elles placent bien des éléments dans une conception archéologique de cette invention. Comme dans une grotte que l’archéologue invente, le cinéma fut inventé à partir des maintes pièces préexistantes qui ont pu être
« découverte », dans le sens de les mettre à jour, et les travaux de Marey font partie des pépites d’or que les heureux élus ont pu empocher à la bouche de cette grotte (cave ?). Avec la précision du médecin-chercheur qu’il fut, Marey cherche à rendre une forme au mouvement, à voir le moment figé dans le flux, afin de comprendre ses mécanismes. Ce stasis est justement la précondition du cinéma, où nous regardons des images fixes en succession, plutôt que de l’image en mouvement.

Abstract Film Exercises II, III & IV

James & John WHITNEY

1944 | 16 mm | couleur | 11'

Dans les films abstraits des frères Whitney, il y a un aboutissement en même temps qu’une ouverture. Comme le décrit si bien Dominique Willoughby, le processus en est un qui fait suite aux recherches des Moholy-Nagy, ou autres Théremin : « Les images sont obtenues par des découpes de lumière, modulées par des caches mobiles dont les trajectoires sont contrôlées par des pantographes. Le son est généré directement sur la piste optique du film au moyen d’une valve lumineuse de leur invention, contrôlée par un système de pendules composés. Une recomposition des formes ainsi obtenues est effectuée à la truca (inversions, filtrages de couleurs, zooms avant ou arrière, cycles, symétries) selon des corrélations très précises entre mouvements et formes sonores. » Les frères fabriquent ainsi des films non seulement d’une beauté plastique étonnante, mais également une sorte de musique électronique, crée par des machines lumineuses.

Sunstone

Ed EMSHWILLER

1979 | 16 mm | couleur | 3'

Dans Sunstone, d’Ed Emshwiller, le programme poursuit l’illustration de ces moments marquants les rapports entre artistes et la nouvelle technologie avec, ici, une des tentatives de produire un langage vidéo distinct par le biais des synthétiseurs, ordinateurs et des logiciels d’espace en trois dimensions (dans les années soixante-dix). La collaboration avec le New York Institute of Technology a ainsi permis à Emshwiller de produire une des premières pièces d’art numérique.

Voices of East Harlem

Steina and Woody VASULKA

32'

Nous terminons la séance avec des pièces musicales de Woody et Steina Vasulka, à l’époque où le couple tchéco-islandais arrivait à New York. Ils examinaient tous les aspects de la contre-culture du moment, soit en enregistrant des performances, musicales, théâtrales ou artistiques, soit avec une déconstruction physique et intellectuelle des images et sons enregistrés. L’ensemble de ces pièces, de formes variées et parfois étranges, est alimenté par leur curiosité à propos du « front bizarre, mais uni, contre l’établissement » qu’ils avaient rencontré aux États-Unis.