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FILMS INDIENS

MERCREDI 24 MARS 2010 — 19 H

Salle de conférence — École supérieure des beaux-arts de Tours
Jardin François 1er, 37 000 TOURS

À la suite de notre programmation de films d’Ashish Avikuthak en 2009, nous ouvrons le champ à des films et vidéos réalisés par d’autres artistes indiens ces dernières années.

18(+2) Blinks of an Eye

Anuradha CHANDRA

2004 | Inde/États-Unis | 23'

Le premier film, 18(+2) Blinks of an Eye, est une exploration de la nature du temps ; le temps vécu, mécanique et cinématographique par le biais d’un voyage initiatique.
À partir de techniques artisanales du cinéma, avec un tirage hautement contrasté, les inversions du positif et du négatif, un rapport aux calculs des temps d’exposition à l’image nécessaire à la perception (toutes ces techniques appartiennent historiquement au cinéma expérimental occidental), Anuradha Chandra construit un film qui questionne implicitement le rôle prépondérant de la forme dans la conception par le spectateur de ce qui constitue le culturellement spécifique. On pourrait y voir un film dans la lignée de ceux réalisés depuis des décennies par des artistes américains ou européens qui affectionnent la technique et l’intègrent comme élément primordial de la qualité artistique. Le film a, d’ailleurs, été produit à l’Art Institute of Chicago, raison de plus...

Pourtant, la forme du film, comme nous le verrons par la suite de la programmation de ce soir, correspond bien à l’esprit des films Prayoga, le genre indien qui couvre le champ des pratiques cinématographiques des artistes en Inde. Ces films ont été créés en marge de l’industrie, par des individus qui se sont organisés pour pouvoir s’exprimer avec leur propre voix sans avoir à se référer aux besoins commerciaux ou à des demandes de l’état. Ces films peuvent utiliser le récit ou le document, contrairement à 18(+2) Blinks of an Eye, mais peuvent également s’en passer puisque ce qui les détermine est d’abord la volonté d’autonomie – du Raj lors de l’époque colonialiste, du nationalisme aveugle depuis l’indépendance.

Rashtriy Kheer & Desiy Salad

Pushpamala N.

2004 | Inde | 11'

Dans Rashtriy Kheer & Desiy Salad, Pushpamala N. traite également du temps, par le biais de la reproduction des formes génériques des films de l’époque des années 1950, ou même avant, avec une pointe d’ironie. Une sorte de slapstick tourné devant un tableau noir donne lieu à l’écriture et à l’effacement de listes de tâches et de devoirs, d’actions et de manquements par les divers membres d’une famille indienne. L’aller-retour est établi entre la volonté d’imposer une autorité paternelle uniquement par des ordres et la nécessité d’inclure tous les acteurs de la société.

Straight 8

Ayisha ABRAHAM

2005 | Inde | 17'

Straight 8 d’Ayisha Abraham emploie des films issus d’archives personnelles d’un cinéaste indien qui a commencé dès le début des années 1930 à faire des films indépendants. Les premiers, des pastiches sans prétention ou des courts documents, sont intégrés dans le film pour reconstruire une histoire d’un cinéma Prayoga. La difficulté à maîtriser les techniques avec des moyens parfois dérisoires est évoquée, tout comme l’aspect libérateur des avancées techniques qui ont étendu la possibilité de créer par le biais de l’image en mouvement.

Atreyee

Shumona GOEL

2004 | Inde | 20'

Dans Atreyee, de Shumona Goel, nous avons un récit de la vie contemporaine en Inde. L’Atreyee du titre quitte Calcutta dans sa quête de fonder une nouvelle vie à Bombay, où elle s’installe dans une banlieue et établie une routine quotidienne sans relief.
À l’occasion d’un retour à Calcutta, elle n’a que le choix entre le mariage et sa vie isolée et terne. Le film marque ses temps par les formats d’images, d’abord avec des séquences en Super 8 qui décrivent la ville et le passage des lieux, puis des images photographiques qui dressent le portrait d'Atreyee et des lieux qui encadrent sa vie, avant son retour à Calcutta, où l’image en mouvement reprend, cette fois-ci, en vidéo.