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SIDUS SIDERIS

Salle de conférence — École supérieure des beaux-arts de Tours — ESBAT TALM
Jardin François 1er, 37 000 TOURS

Sidus sideris

Julien QUENTEL

France | 2009 | 90'

Sous forme de conférence ponctuée de projections de films, Julien Quentel retrace
le chemin qui l’amène à considérer les éléments fondamentaux de la perception des couleurs au cinéma séparément, à proposer des dispositifs intermédiaires.
« Le projet Sidus sideris se développe autour de la question de la couleur au cinéma.
Il s’agit d’expérimenter la séparation des couleurs, du rouge, du vert et du bleu, propre au procédé Technicolor. Sidus sideris est un projet valise pour lequel plusieurs tests et expériences ont été menés avec des matériaux et supports divers. Ici sont présentés plusieurs essais et films de ces expériences.
Sidus sideris signifie en latin constellation, groupement d’étoiles. Il a donné naissance à sidérer, considérer ainsi que désir. Des premières expériences de superpositions des trois couleurs à l’aide de mires colorées aux prises de vue réalisées dans une salle de miroir, c’est une réflexion autour de la question de la représentation, et de ses possibles métamorphoses.
Prenant comme sujet d’exploration, la salle des miroirs du château d’Oiron, cabinet de curiosités contemporain, le film Sidus sideris expérimente le procédé de la séparation des couleurs produisant par surimpressions d’infinies variations colorées. Dans cet espace aux dimensions virtuelles, un monde se redouble, parfait et analogue. Le film se voit, se fait en projetant son propre dispositif. La caméra montée sur un axe tournant à la vitesse de la trotteuse de l’horloge, y déroule sa propre durée. Par le face à face des miroirs, nous accédons à l’espace démultiplié, abimes insondables, ouvert à l’infini de sa répétition, où la projection d’un faisceau lumineux se transforme en une multitude de points ardents. Espace symbolique de la rencontre de la lumière et du miroir, du soleil et de Vénus, ces représentations se multiplient à l’infini sans entamer l’unité du monde. Espace sidéral que les astronomes sondent en profondeur à l’aide de filtres colorés. Espace du reflet, le miroir dit la vérité, mais n’est pas la vérité. Espace à deux dimensions, espace plan de l’image, le miroir joue le rôle de la peinture, et ici la couleur est décomposée en trois filtres permettant par surimpressions de possibles variations et associations du rouge, du vert et du bleu. Enfin, espace de projection où la vérité se fait juge, ou encore espace d’interrogation comme le dit Marc Le Bot :
“le miroir est alors une expérience de la solitude.” (…) “Il est l’instrument d’une universelle magie qui changent les choses en spectacles, les spectacles en choses, moi en autrui et autrui en moi.” Le miroir suffit parfois pour découvrir le monde tel qu’il est. »

Julien Quentel